« Emily L. » de Marguerite Duras 

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©Myriam Thibault

Emily L., roman de Marguerite Duras, aux Editions de Minuit, 160 pages, 14€.

A Quillebeuf, la narratrice et son ami discutent dans un café. Puis, ils se mettent à écouter cet homme, surnommé le Captain, parler à la patronne du bar. Dans les deux duos, une histoire d’amour éclot. L’écriture se mêle à l’amour. Quand devient-on écrivain ? Est-on écrivain lorsque l’on n’écrit pas ? Qu’est-ce que l’écriture ? Ecrire sur soi, c’est aussi écrire sur les autres. Marguerite Duras le sait bien… D’ailleurs, est-elle un peu la narratrice qui raconte cette histoire ? Est-elle un double ? Elle nous incite à nous poser aussi toutes ces questions du double fictionnel, de qui écrit, de qui devient écrivain.

Ce que nous préférons, c’est écrire des livres l’un sur l’autre – et on a ri.

A travers une histoire d’amour et les poèmes d’Emily L., Marguerite Duras nous parle de l’écriture. L’Amant, le livre le plus connu et le plus aimé de Duras, m’est tombé des mains. Je préfère le reste de son œuvre : La Vie matérielle, Ecrire ou encore Emily L. Ce sont des livres qui me parlent, dont je ressens une certaine sensibilité, qui mettent en lumière le quotidien, la littérature, l’écriture, le rapport à l’écrit. J’aime Marguerite Duras quand elle me parle de toutes ces choses.

Site des Editions de Minuit

Les Garçons manqués Nicolas Rey & Mathieu Saïkaly à la Maison de la poésie 

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Les textes et partitions de Nicolas Rey et Mathieu Saïkaly / ©Myriam Thibault

Mardi soir, plutôt que de regarder 11 apprentis présidents se battre sur une chaîne d’informations, je me suis rendue avec un ami (ami talentueux, dont je vous parlerai bientôt et dont vous pouvez d’ores et déjà acheter le livre par ici) à la Maison de la poésie. Ce soir-là, dans la toute petite salle du sous-sol, la salle Lautréamont, l’écrivain Nicolas Rey et le chanteur Mathieu Saïkaly revenaient pour leur second concert littéraire : Des nouvelles de l’amour.

La délicatesse et la tendresse de l’écriture de Nicolas Rey s’accordent à merveille à la douceur de la voix de Mathieu Saïkaly. Nicolas Rey nous parle de l’amour, des femmes, du quotidien, d’Hippolyte, cet enfant surprotégé, de la violence des jours qui passent et de la beauté des jours passés. Mathieu Saïkaly lui répond en chanson de Niagara à Michael Jackson, en passant par Stromae. Tous les deux nous racontent une histoire qu’on voudrait voir durer toute la nuit. Lorsque le concert s’arrête, on reprendrait bien une dose de cette tendresse avant de retourner dans ce monde violent.

On leur souhaite tout le succès qu’ils méritent, tous les mardis, à 20 heures jusqu’au 13 juin à la Maison de la poésie, puis au Festival Mythos à Rennes le 6 avril, au Printemps de Bourges le 22 avril, et au festival d’Avignon du 6 au 26 juillet. En attendant de retourner les voir, on écoute le dernier album de Mathieu Saïkaly et on lit le nouveau livre de Nicolas Rey qui sort le 13 avril prochain…

Site de la Maison de la poésie

Site des Editions de La Martinière

La Page Youtube de Mathieu Saïkaly

« Santo Sospir » de Maï-Do Hamisultane

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Santo Sospir, roman de Maï-Do Hamisultane, Editions La Cheminante, septembre 2015, 140 pages, 7€.

Ce week-end, le Salon du livre de Paris accueillait le Maroc comme pays invité d’honneur. Maï-Do Hamisultane, qui a eu le prix Sofitel Tour Blanche pour son roman Santo Sospir, était présente sur le stand du Maroc.

Santo Sospir m’interpelle, car je suis une inconditionnelle de Jean Cocteau (j’ai même consacré mon mémoire de première année de master à la Sorbonne, aux relations qu’entretenait Jean Cocteau avec l’opium). Santo Sospir est une villa à Saint-Jean-Cap-Ferrat, où Francine Weisweiller a invité Jean Cocteau. Il devait y rester quelques jours, il y est resté des années et a repeint entièrement les murs blancs de cette maison.

L’héroïne de Santo Sospir attend un homme, comme Pénélope attend le retour d’Ulysse. En visitant la Villa Santo Sospir, à Saint-Jean-Cap-Ferrat, la narratrice comprend ce que veut dire Santo Sospir. Saint Soupir. Endroit où les femmes, regardant à l’horizon, attendent le retour de leur mari, en soupirant. Un peu comme le pont des Soupirs à Venise, qui entraînait les prisonniers vers les cachots.

Un roman hybride qui mêle des SMS échangés entre les amants, des passages de récits, des moments vécus lors de la visite de la Villa Santo Sospir. La forme a une importance véritable. On croise les messages une première fois, on les recroise. Les moments de vie s’enchaînent et s’entremêlent. Maï-Do Hamisultane crée un roman de l’absence, de l’amour, du désir, de la distance. Les références littéraires et artistiques entrent en résonance avec l’histoire de cette femme. On soupire avec elle en attendant…

Site de la Villa Santo Sospir

Mes coups de cœur pour Le Parisien 

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Coup de cœur du mois de février dans Le Parisien, pour « Arrête avec tes mensonges » de Philippe Besson (Julliard)

Coup de cœur du mois de mars pour Celui qui est digne d’être aimé d’Abdellah Taïa (Seuil)

Journal des films de février 2017

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  1. Une sale histoire de Jean Eustache. Un court métrage où Michael Lonsdale raconte dans un salon bourgeois une sale histoire… pour ne rien dévoiler de l’intrigue, je ne vous dirai rien des frasques du personnage. Un court métrage très intéressant sur le point de vue, sur le tabou, la manière de voir le monde, la perception de chacun et en particulier de l’opposition entre hommes et femmes…
  2. Kill Bill 2 de Quentin Tarantino. Un Tarantino. Du sang, de la violence, la femme au centre du film et malgré tout dépendante de l’homme. Pas son meilleur…
  3. Les Photos d’Alix de Jean Eustache. Un deuxième court métrage déroutant. Passionnant pour tous les amoureux de la photographie. Il traite du point de vue, du fait que chacun d’entre nous voyons les choses différemment. C’est poussé à l’extrême, mais c’est d’autant plus intéressant. Pour tous les amoureux de la photo et du cinéma !
  4. Les Confessions de Roberto Andò. Une réunion du G8 qui tourne mal, un prêtre qui n’a a priori rien à faire là, une intrigue un peu capillotractée, certes, mais une morale intéressante. Un film italien où Toni Servillo réussit à nous entraîner dans sa pensée, même si les autres personnages nous laissent parfois un peu sur le côté… 
  5. Silence de Martin Scorsese. Un beau film sur une période de l’histoire que nous ne connaissons pas forcément. Un peu manichéen, parfois. Ce film reste fort intéressant sur le fond, et il faut reconnaître que Andrew Garfield et Adam Driver sont formidables dans leur rôle. Un film sur la religion, à voir. Surtout en ce moment.
  6. Demain tout commence d’Hugo Gélin. Une belle comédie, bien menée, avec une intrigue forte menée jusqu’aux dernières minutes du film sans laisser percevoir une once de la chute. Omar Sy est rayonnant, Gloria Colston est excellente. Une belle carrière s’offre à elle…
  7. Cultiver son champ de bataille de Thomas Ermel. Un documentaire passionnant sur un homme qui cultive un ancien champ de bataille. Régulièrement, des corps de soldats remontent à la surface, vestiges de la guerre. Il vacille entre culpabilité et nécessité de vivre et de continuer à cultiver son champ « de bataille ». (À voir sur le site de Thomas Ermel : thomasermel.wordpress.com)
  8. L’Enfer de Claude Chabrol. La psychologie du personnage de François Cluzet est passionnante. Qu’est ce que la jalousie ? Comment se traduit-elle lorsqu’elle est poussée à l’extrême ? Au maladif ? Comment vivre avec cette jalousie, sans pourrir son entourage ? Ce film pose tout un tas de questions sur ce sentiment de la jalousie, qui peut devenir une maladie. François Cluzet est remarquable. Et vous pourrez avoir le plaisir de voir Emmanuelle Béart et Marc Lavoine, dans leur jeunesse la plus éclatante. 

Le Deuxième Texte aux Editions des Femmes d’à côté

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Le Deuxième Texte, aux Editions des Femmes d’à côté / ©Myriam Thibault

Le Master 2 Edition de la Sorbonne-Paris IV vient de publier son livre : Le Deuxième texte. Le thème : revisiter une œuvre de la littérature, de l’art, du cinéma, de la BD…, et mettre en lumière un personnage féminin de second plan.

J’ai eu le plaisir d’écrire pour ce livre une revisite du Fabuleux destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet : La kiosquière des Deux Moulins. J’ai également eu le bonheur de l’entendre, lu par une actrice, lors de la soirée de lancement, à la Maison de la poésie.

Lecture de mon texte « La kiosquière des Deux Moulins », à la Maison de la poésie / ©Myriam Thibault

Dans ce recueil de textes, vous trouverez également des textes d’Eric Chevillard, Léa Arthemise ou encore Stanislas Wails. Vous pourrez y lire des revisites de Bérénice, des contes des frères Grimm, d’un tableau de Klimt, de Manet et même des Schtroumpfs !

Les Editions des Femmes d’à côté seront présentes lors du Salon du livre de Paris, du 24 au 27 mars, sur le stand U15.

Les Femmes d’à côté à la Maison de la poésie / ©Myriam Thibault

Site des Editions des Femmes d’à côté

Site du Master 2 Edition de la Sorbonne-Paris IV

Site de la Maison de la poésie

Journal des films de janvier 2017

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film

  1. La Bonne année de Claude Lelouch, un classique. Lino Ventura est d’une élégance incontestable. Charles Gérard, tellement drôle. On ne s’en lassera jamais…
  2. L’Aventure c’est l’aventure de Claude Lelouch, un deuxième classique. Il me semble que j’ai revu ces deux films grâce à une rétrospective du réalisateur sur Arte. Quel bonheur de revoir ce film. La première fois que je l’ai vu restera gravée dans ma mémoire. J’étais en stage aux Editions La Tengo, qui publient la revue Schnock. Le dossier principal était dédié au film. La soirée de lancement de la revue a eu lieu au Club 13, le cinéma de Claude Lelouch, où une projection du film avait lieu. J’ai donc vu L’Aventure c’est l’aventure pour la première fois, dans les confortables fauteuils en cuir de son cinéma, juste derrière lui. Je le voyais rire, revoir ses acteurs. Un bonheur.
  3. Nocturnal Animals de Tom Ford. Quel film ! L’esthétique est incontestable. Tom Ford, aussi élégant dans la mode que sur grand écran. L’imbrication des différentes histoires est remarquable. Quel tour de force de réussir à nous faire entrer dans  trois histoires sans nous perdre une seule seconde, et en nous tenant en haleine jusqu’aux dernières minutes de film.
  4. La Mécanique de l’ombre de Thomas Kruithof. Un très bon premier film qui nous entraîne dans les coulisses sordides de la politique. François Cluzet, Denis Podalydès, Simon Abkarian sont excellents, Thomas Kruithof étant certainement un très bon directeur d’acteurs en plus d’être un bon réalisateur. Dans l’attente des prochains films avec impatience…
  5. The Young Pope – Saison 1 de Paolo Sorrentino. Waouh ! Je regarde rarement des séries. D’ailleurs, celles qui m’attirent vraiment, je les achète et les regarde en DVD. Étant une inconditionnelle de Paolo Sorrentino, je n’avais pas trop de doutes. Mais alors quelle série ! L’esthétique est remarquable, le scénario excellent, et le personnage de Jude Law parfait ! Je suis absolument conquise par tous ces petits détails qui bravent les clichés sur la religion. L’invisible pape, comme Salinger, Kubrick, Banksy, Daft Punk. Et cette scène inoubliable où il met ses vêtements sertis de bijoux sur la musique de LMFAO, « Sexy and I Know it »…
  6. Le Prénom de Matthieu Delaporte & Arnaud de la Patellière. Sans doute l’un de mes films préférés. Sans doute les meilleurs dialogues du cinéma français depuis bien longtemps. On aime voir Valérie Benguigui dans ce rôle qui lui va à merveille. Charles Berling, Patrick Bruel, Guillaume de Tonquedec, Judith El Zein. Pas un en dessous des autres. Un seul regret, j’aurais aimé voir la pièce au théâtre…
  7. Le Quai des brumes de Marcel Carné. Un classique, à voir et à revoir, pour les beaux yeux de Michèle Morgan qui nous a quittée récemment, pour le charisme de Jean Gabin, pour le scénario et les si bons dialogues de Jacques Prévert.
  8. La La Land de Damien Chazelle. Waouh ! Quel film ! N’en déplaise à tous les critiques mal lunés qui nous ont pondu des articles sur la prétendue arnaque de ce film. Que les snobs restent chez eux. Sortez ! Ruez-vous au cinéma tant que le film passe encore dans les salles. C’est tellement beau sur grand écran. Un hommage au cinéma, à l’amour, à la musique. Que de références. Même si le scénario n’a rien d’exceptionnel, tout l’est autour de lui. Les acteurs offrent une réelle performance (combien d’heures de cours de chant ? De cours de danse ?). Depuis quand n’avions-nous pas vu un film musical aussi réussi ? Un film qui deviendra culte dans les prochaines années, s’il ne l’est déjà…
  9. Médecin de campagne de Thomas Lilti. Un très joli film sur la médecine dans les lieux les plus reculés. Comment être un bon médecin ? Quel lien entretenir avec ses patients ? Qu’attendent-ils de leur médecin généraliste – le seul à des kilomètres à la ronde, le seul en qui ils peuvent avoir confiance ? François Cluzet vraiment très bon dans son rôle. Il est d’ailleurs nommé pour le meilleur acteur aux Césars…
  10. Je vous trouve très beau d’Isabelle Mergault. Un film qui passe régulièrement à la télévision à la venue des beaux jours, un peu comme Le Père Noël est une ordure est diffusée pendant les vacances de Noël. Le film du dimanche soir, pas prise de tête, où les mignonneries émeuvent et n’énervent pas.
  11. La Chamade d’Alain Cavalier. On se croirait dans un Truffaut. Les livres envahissent l’espace, l’amour et le désamour aussi. La petite musique de Françoise Sagan résonne à chaque minute du film, à chaque pas de Catherine Deneuve, à chaque faux pas de Roger Van Hool.

En résumé, que des beaux films pour le mois de janvier…

« Retourner à la mer » de Raphaël Haroche

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Retourner à la mer, recueil de nouvelles de Raphaël Haroche, Gallimard, février 2017, 166 pages, 17€50.

Un petit air des Contes de la folie ordinaire de Bukowski. Raphaël Haroche, l’auteur de « Caravane », « Je sais que la terre est plate », « Et dans 150 ans, « Chanson pour Patrick Dewaere » vient d’écrire son premier recueil de nouvelles. Des bacs des disquaires, il se retrouve sur les tables des librairies. Avec élégance et tout en subtilité, il nous raconte la vie des gens. Des gens cassés, une population en marge. Des dialogues authentiques, où les fioritures n’existent pas, où la vérité circule, où le langage claque.

Raphaël Haroche met en lumière les invisibles, ces gens qu’on ne voit pas. Il nous transmet les émotions de ses personnages, nous fait entrer dans un univers en quelques pages. Il maîtrise l’art de la nouvelle, et ce n’est pas donné à tout le monde. Le plaisir d’en lire est toujours au rendez-vous, les éditeurs en publient trop peu. Il faut que sur la couverture un nom tel que Raphaël Haroche les défendent ces nouvelles, sinon on estime que ça ne va pas se vendre, on n’y croit pas. Et pourtant, tous ces gens qui me disent aimer en lire… Ils existent, vont bel et bien en librairie. Mais n’en trouvent pas, ou si peu.

En tout cas, Gallimard a pris ce risque avec Retourner à la mer, et c’est réussi. Raphaël Haroche est un écrivain. Il le prouve aujourd’hui. J’attends avec impatience ces prochains livres.

Site des Editions Gallimard

10 bonnes raisons de lire « Le Petit Simonin illustré » d’Albert Simonin 

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Le Petit Simon illustré d’Albert Simonin, avec une préface de Jean Cocteau, Les Productions de Paris, 1977.

1. Ce Littré de l’argot est une véritable mine d’or pour tous les amoureux de la langue. Vous trouverez l’essentiel des mots d’argot. Le lire aujourd’hui, nous fait prendre conscience de l’évolution de la langue, des mœurs, de la société. On s’aperçoit à la lecture (oui, ce dictionnaire peut se lire d’un bout à l’autre sans ennui, mais aussi dans le désordre comme un vrai dictionnaire), qu’une grande partie des mots sont liés à l’univers de la prostitution et de la drogue. Il révèle donc une certaine frange de la société des années 70-80.

2. « De sapement en sapement, Gros Jo était maintenant partant pour la relègue à la première plongée. Ça le mettait en demi-molle pour la mouillette. » Grâce à ce dictionnaire, vous comprendrez enfin le sens de cette phrase.

3. Rassurez-vous, je n’ai pas compris toutes les définitions du premier coup, mais c’est justement ce qui est amusant. Pour décrypter les exemples donnés par Albert Simonin, on parcourt son dictionnaire de page en page, pour décoder chacun des mots. Oui, il s’amuse à gonfler tous ses exemples de nombreux mots d’argots ; au lecteur de s’amuser…

4. Le greffier, le cador. Les animaux aussi ont leur heure de gloire dans le dictionnaire de l’argot. Même le crapaud a son entrée…

5. Même si quasiment plus personne ne parle argot, on s’aperçoit au fil des pages, que la langue française en garde des traces. De nombreux mots d’argot ont intégré les rangs de notre quotidien. On n’y fait plus forcément attention, mais le daron et la daronne viennent de l’argot, tout comme le boulot, ou les balais pour désigner les années. Vous découvrirez tout un tas d’autres mots entrés dans la langue commune…

6. Elle n’est pas belle la charmeuse ?

7. Sachez qu’elle porte un autre nom… Dans ce dictionnaire, vous découvrirez aussi les différents termes pour un même mot en français. Les synonymes sont nombreux. L’argot est une réelle langue avec toute sa multiplicité. C’est aussi cela qui fait son charme.

8. Au-delà des simples illustrations insérées entre les définitions, on découvre des pages entières de dessins de Paul Grimault. Comme ci-dessus avec la route de la schnouffe, ou encore ci-dessous avec toutes les parties du corps du gonze et de la gonzesse.

9. Rien que pour les très drôles illustrations de Paul Grimault et la préface de Jean Cocteau, vous préférerez cette édition des Productions de Paris, datant de 1977.

10. En revanche, on ne va pas vous mentir, le livre reste relativement difficile à trouver. Par hasard, vous aurez peut-être un peu chance sur les tables d’un bouquinistes, ou sur internet sur des sites de livres d’occasion et de vente de livres rares.

5 (très) bonnes raisons de lire « Voyage à Film City » de Melvil Poupaud

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voyage-a-film-cityVoyage à Film City de Melvil Poupaud, Pauvert, parution le 11 janvier 2017, 176 pages, 18€.

1 – Melvil Poupaud nous ouvre les coulisses d’un tournage. Il part en Chine pour le film The Lady in the Portrait de Charles de Meaux. Les péripéties s’enchaînent et offrent au lecteur l’intimité d’un acteur en terre inconnue.

2 – Voyage à Film City est une forme de journal de bord. Au-delà du fait de nous relater son tournage, ses difficultés liées à sa présence en Chine, aux prises de tête face à l’administration, Melvil Poupaud prend des photographies et les intègre à son journal. Il nous montre que ce livre est la retranscription quasi parfaite de son carnet lors de son voyage.

carnet3 – Ce livre ravira tous les amoureux de cinéma. On y découvre les coulisses du tournage, des astuces pour les acteurs, des anecdotes. Par exemple, alors que Melvil Poupaud a les mille peines du monde à apprendre son texte en mandarin, auquel il ne comprend pas un strict mot, il se souvient de ce conseil de Jean-Pierre Léaud : « Jean-Pierre, avec qui j’ai travaillé plusieurs fois depuis mon enfance, m’a toujours dit que le sens des mots n’avait que peu d’importance quand on jouait la comédie. » Grâce à lui, Melvil Poupaud décide de colorer son texte. Chaque couleur désigne une expression, un sentiment. Melvil Poupaud ne sait toujours pas ce qu’il dit, mais le ressenti est parfait, et c’est cela qui importe.

chinois4 – L’écriture de Melvil Poupaud est délicate. Le mélange du texte et des images nous fait tourner les pages, jusqu’à ne plus s’arrêter. Ce genre de textes est addictif. On aimerait en lire plus souvent, pour le plaisir des yeux.

melvil-poupaud5 – Melvil Poupaud est un véritable artiste. Pour ceux qui ne le connaîtraient que sous ses traits d’acteurs, il est également guitariste. On peut le voir régulièrement aux côtés de son frère Yarol Poupaud (guitariste de Johnny Hallyday, compagnon de Caroline de Maigret) lors des concerts de son groupe Black Minou. On a pu également l’apercevoir sur scène lors de la dernière tournée de Benjamin Biolay, « Palermo Hollywood ». Aujourd’hui, on le trouve sur les tables des librairies. Toujours un plaisir de découvrir les mille et une facettes d’un artiste.

Site des éditions Fayard