Liste des films les plus interminables de l’année 2016

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  1. La Taularde d’Audrey Estrougo : Il faudrait peut-être dire à Sophie Marceau qu’en faire des tonnes n’a jamais rendu quiconque bon acteur…
  2. Les Visiteurs – La Révolution de Jean-Marie Poiré : Un film qui ne tient que sur un gag : Jacquouille pue de la bouche.
  3. Éternité de Tran Anh Hung : Le film qui porte sans doute le mieux son nom de toute cette année 2016.
  4. Ils sont partout d’Yvan Attal : À trop vouloir se moquer des clichés, Yvan Attal a réalisé un film entièrement constitué de clichés.
  5. Alliés de Robert Zemeckis : La palme de la niaiserie.
  6. Arrêtez-moi là de Gilles Banier : La palme du scénario le plus absurde.
  7. Nahid de Ida Panahandeh : Le film où les incohérences fleurissent à tous les plans. N’est pas Asghar Farhadi qui veut.
  8. Louis-Ferdinand Céline de Emmanuel Bourdieu : Malheureusement l’excellent Denis Lavant tombe dans la parodie.
  9. Love & friendship de Whit Stillman : J’ai dormi la moitié du temps.
  10. Moka de Frédéric Mermoud : Le paradoxe de deux sublimes actrices malmenées par un scénario absurde et un réalisateur qui n’a visiblement pas l’air d’être un très bon directeur d’acteurs.

Liste subjective et non exhaustive.

Liste des meilleurs films vus au cinéma en 2016

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  1. La Loi de la jungle d’Antonin Peretjatko
  2. L’Économie du couple de Joachim Lafosse
  3. Danish Girl de Tom Hooper
  4. Spotlight de Tom McCarthy
  5. Carol de Todd Haynes
  6. Le Client d’Asghar Farhadi
  7. No land’s song d’Ayat Najafi
  8. Mademoiselle de Park Chan-Wook
  9. Ma Loute de Bruno Dumont
  10. Divines d’Houda Benyamina
  11. Saint Amour de Gustave Kervern et Benoît Delépine

Le propre de la liste est le chaos organisé.

Aujourd’hui, le top 10 comprendra 11 films.

Liste subjective et non exhaustive.

« Le monde est mon langage » d’Alain Mabanckou

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alain-mabanckouLe monde est mon langage, d’Alain Mabanckou, 2016, Grasset, 314 pages, 19€.

Alain Mabanckou nous livre ses rencontres avec des écrivains des quatre coins du monde. De Jean-Marie Le Clézio à Douglas Kennedy, en passant par Dany Laferrière, Sony Labou Tansi, jusqu’à Edouard Glissant ou encore Gary Victor, Bessora ou Jocelyn le Bachelor, l’homme de la Sape de Château-Rouge. Alain Mabanckou révèle quelques rencontres avec des inconnus également. Dans tous les cas, elles sont intéressantes et révèlent quelque chose de l’usage de la langue à travers les pays. Quelle langue parle-t-on ? Quelle langue choisit-on d’apprendre ? De parler ? Quelle langue sera celle de l’écriture ? En quelle langue lit-on ? Quel lien entre toutes ces langues ?

Le monde est mon langage est un livre passionnant, qui nous parle du travail de l’écrivain, de sa vision de l’écriture et de la langue qu’il choisit pour écrire. La langue est vraiment le fil conducteur de ce livre chapitré en fonction des pays. On rencontre Douglas Kennedy à Marrakech ou Dany Lafferière à Montréal. Alain Mabanckou nous raconte que lorsque son père se mettait en colère il s’exprimait en français, ou que Douglas Kennedy refuse de parler anglais dans un pays francophone. Toutes ces anecdotes révèlent quelque chose de notre rapport à notre langue natale et à toutes ces langues que l’on apprend au fur et à mesure du temps. 

Alain Mabanckou fut au Collège de France cette année. Vous pouvez toujours revoir ses cours

Site officiel d’Alain Mabanckou  

« La passion des écrivains » de Josyane Savigneau 

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La passion des écrivains, recueil de rencontres de Josyane Savigneau, Gallimard, 2016, 259 pages, 21€.

Dans la même idée que le recueil de Florence Noiville, Josyane Savigneau nous livre ses rencontres les plus marquantes depuis ses débuts au Monde des Livres en tant que journaliste. Des portraits, des rencontres, de Simone de Beauvoir à Martin Amis, en passant par Dominique Rolin, Pierre Bergé, Toni Morrison, jusqu’à Doris Lessing ou encore Françoise Sagan. Des hommes et des femmes qui ont révolutionné ou marqué de leur empreinte la littérature de leur pays avec force et vigueur. Josyane Savigneau a rencontré tous ces écrivains. Au début de chaque portrait, la journaliste nous raconte la genèse de ces rencontres. Elle nous parle d’elle, de son statut de journaliste, de sa fascination pour certains écrivains chez qui elle doit se rendre. Avant de sonner à la porte d’un auteur qu’elle admire, elle peut parfois faire plusieurs fois le tour du pâté de maisons avant de s’y rendre.

Cette compilation de portraits et de rencontres n’est pas qu’une accumulation d’articles parus dans Le Monde des livres. C’est aussi la genèse des articles journalistiques, des pensées d’une journaliste. Pour une fois, le lecteur peut passer de l’autre côté, dans les coulisses de la création d’un portrait, dans les bureaux d’un journal, pour comprendre un peu mieux le ressenti de cette femme qui a livré des pages et des pages au Monde, depuis des années. Passionnant d’un point de vue littéraire, car Josyane Savigneau retrace les grands moments de ces écrivains et qu’elle nous livre leurs pensées. Il est tout aussi passionnant d’entrer dans son esprit de journaliste et d’apprendre à décrypter un peu mieux la création d’un article.

Le meilleur cadeau de Noël que vous puissiez faire aux amoureux de la littérature !

Articles de Josyane Savigneau pour Le Monde

Site des Editions Gallimard

« Hipster animals – Un bestiaire urbain » de Dyna Moe

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dyna-moeDyna Moe, Hipster Animals – Un bestiaire urbain, Hugo Image, octobre 2016, 106 pages, 14€50

Dyna Moe est une illustratrice et scénariste, qui vit à New York. Dans ce recueil, elle présente un certain nombre de personnages issus de catégories socio-professionnelles bien définies, tout en restant des hipsters. Elle les classe et renforce les clichés avec humour et précision. Elle a observé ces créatures et a transformé les êtres humains en animaux. Le bestiaire des hipsters, donc. Un pizzaiolo new wave, le SDF occasionnel qui se rebelle contre sa famille de classe moyenne, le fils à papa toxique qui « mène une vie dissolue dans un studio à 5000 € par mois », l’obsédé de la sneaker (on en connaît tous), le narcisse d’Instagram (on en connaît tous aussi), le fétichiste des médias obsolètes, le primo-romancier sexy…

Pourquoi on tweete ?
J’ai acheté 10 000 abonnés pour essayer de caser mon manuscrit chez un éditeur. J’achèterai 10 000 personnes pour lire mon livre. »

On ne comprend pas toujours tout, mais on retrouve forcément des figures de notre entourage ou de la sphère médiatique. De l’humour toujours, de la dérision, du cynisme, du sarcasme. Mêlés à des illustrations toutes plus étonnantes et amusantes les unes que les autres, Dyna Moe réalise ici un livre parfait pour offrir. Un cadeau de Noël à tous les adolescents et hipsters (ayant le sens de l’humour) de votre famille !

Site de Hipster animals

Site des éditions Hugo & Cie

Harry Potter et l’enfant maudit

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harry-potter-et-lenfant-mauditHarry Potter et l’enfant maudit, pièce de théâtre de Jack Thorne, d’après une histoire originale de J.K. Rowling, Gallimard, 2016, 352 pages, 21€.

Il n’aura pas fallu beaucoup de temps à ce dernier tome des aventures d’Harry Potter pour arriver en tête des ventes. Des milliers de fans avaient déjà acheté le livre dans sa version originale, en anglais, sorti en juillet dernier. Pour les plus patients qui attendaient la sortie du livre en français, le voici en librairie depuis mi-octobre.

Harry Potter et l’enfant maudit est le huitième tome de la saga. Ce n’est pas un roman, mais une pièce de théâtre. Nous sommes dix-neuf ans plus tard. Harry Potter est marié à Ginny, la sœur de Ron Weasley, avec qui il a trois enfants. Quant à Hermione Granger et Ron, ils se sont mariés, et ont aussi des enfants ensemble. Les petits sorciers sont devenus grands.

Albus Severus Potter, le second fils d’Harry et Ginny, entre à Poudlard et sa plus grande crainte est de finir à Serpentard. Il a comme un pressentiment… Son père lui rappelle que son nom rend hommage à la fois à Albus Dumbledore et à Severus Rogue. Ce dernier fut un homme important dans la vie d’Harry, et il était pourtant à Serpentard. Mais les relations entre le père et le fils s’enveniment. Et le jeune Albus fait la rencontre d’un certain Scorpius Malefoy, le fils de Drago Malefoy…

Quand on a passé de longues nuits de son adolescence et de son enfance à lire Harry Potter avec une petite lampe torche sous sa couette, un énième volume de la saga provoque inévitablement un retour en enfance. Lorsque j’ai eu le livre entre les mains, je l’ai commencé le soir et fini dans la nuit. Comme avant. Pour les amoureux d’Harry Potter, le fait que ce soit une pièce de théâtre ne change rien. L’intrigue nous entraîne, les références aux anciens personnages nous replongent immédiatement dans l’univers. On ne lâche plus le livre, jusqu’à la dernière page. Les rebondissements s’enchaînent, la construction est implacable, comme dans les anciens volumes. Le petit Albus devient le nouveau Harry. Et on repartirait bien pour de nouvelles aventures…

Site des éditions Gallimard

« Écrire c’est comme l’amour » de Florence Noiville

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Florence Noiville, Écrire c’est comme l’amour, Autrement, octobre 2016, 227 pages, 19€

Florence Noiville est critique littéraire et responsable de la littérature étrangère au Monde. Elle nous livre 29 de ses portraits les plus marquants, qu’elle a réalisés depuis 1994. En parcourant le monde, à la rencontre des écrivains contemporains les plus emblématiques, Florence Noiville dévoile les coulisses de l’écriture d’écrivains tels que Saul Bellow, Aharon Appelfeld, Milan Kundera, Nadine Gordimer, Thanassis Valtinos, Don DeLillo, Mario Vargas Llosa, ou encore Sempé. Elle a parcouru les quatre coins de la planète pour les rencontrer et les faire parler d’eux, de leurs écrits, de leur manière de travailler, de leur vision du monde, afin de disséquer avec plus de précisions leur dernier livre, et comprendre ce qu’il se passe dans les cuisines de l’écriture.

On découvre que Toni Morrison a été éditrice pour Random House pendant 19 ans et qu’elle a été l’éditrice d’Angela Davis. Carlos Fuentes, comme l’écrivain Dany Laferrière, parle de la langue dans laquelle on écrit et dit : « N’habite-t-on pas la langue dans laquelle on écrit ? ». Mario Vargas Llosa nous apprend que dans les maisons espagnoles, il faut se méfier de la « folle de la maison », qui n’est autre que la littérature. Florence Noiville nous donne envie de lire ces auteurs qu’elle a rencontrés, elle nous fait découvrir des auteurs que l’on ne connaissait pas forcément, ou que l’on apprend à mieux connaître, grâce à elle. Un livre passionnant, qui aime les écrivains et la littérature. Qui aime l’écriture et la lecture. Qui donne envie de lire toujours plus.

Site de Florence Noiville

Site des Editions Autrement

Quand Edouard Baer dit Patrick Modiano

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Bar du Théâtre Antoine / © Myriam Thibault

Édouard Baer lit Un pedigree de Patrick Modiano. Il avait fait cette lecture il y a quelques années, avant que le prix Nobel ne soit attribué à l’écrivain. Édouard Baer recommence au Théâtre Antoine depuis le mois de septembre. Une très belle lecture d’un texte qui parle de l’enfance de Modiano, du passé, de la construction, du nom, des origines.

Je suis un chien qui fait semblant d’avoir un pedigree.

Même si parfois le ton de l’acteur peut paraître un peu neutre dans certains passages, Edouard Baer transmet de l’émotion au public. Et cela donne finalement plus lieu à un monologue et un vrai jeu d’acteurs, qu’à une simple lecture. Edouard Baer n’a pas le texte sous les yeux, il ne lit pas, il joue, avec émotion, humour, tendresse. La lecture se transforme en jeu. On voit l’homme derrière son bureau qui nous raconte son enfance, sa vie. On voit l’homme et ses souffrances. On voit le passé. Ce n’est pas une lecture au sens propre du terme, comme cela est annoncé dans les médias. Edouard Baer ne lit pas Un pedigree, il le met en scène et c’est sans doute la raison pour laquelle il remplit le Théâtre Antoine. D’ailleurs, il y a des prolongations. Vous pouvez encore voir Edouard Baer, jusqu’au 18 décembre prochain, tous les dimanches à 19h. Pour acheter vos places, c’est ici.

Une très belle soirée !

Pour un petit aperçu, voici un passage d’Edouard Baer, disant Un pedigree, à La Grande librairie, sur France 5.

Site de La Grande librairie

Site du Théâtre Antoine