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Pour sa troisième rencontre en partenariat avec Télérama, le Théâtre du Rond-Point a invité Mathieu Amalric pour évoquer son parcours d’acteur et de réalisateur. Avec Les Fantômes d’Ismaël d’Arnaud Desplechin en tant qu’acteur et son prochain film sur Barbara en tant que réalisateur, Mathieu Amalric n’en finit plus des plateaux de cinéma. Ce soir, après la rencontre, il retournait d’ailleurs sur le tournage du prochain film de Gilles Lellouche.

Quand il arrive sur scène, Mathieu Amalric s’assoit sur sa chaise, les mains entre les jambes, s’excusant presque d’être là. Il doute, hésite, avoue être toujours dans une sensation d’imposteur sur un plateau de tournage. Lui a commencé derrière la caméra. Tout jeune, il réalisait ses films, touchait à tout. Puis, Arnaud Desplechin l’a poussé devant la caméra. Il avait déjà 30 ans. Comme il le dit depuis longtemps, il est devenu acteur un peu par hasard.

Mathieu Amalric dit jouer par amour ou par amitié. Il suit Arnaud Desplechin depuis le début. Son prochain film sur Barbara mettra en scène Jeanne Balibar, l’une des femmes de sa vie. Réunis à l’écran, ils trouvaient ça amusant. Il fait l’éloge de cette femme qu’il a aimé. Il en parle comme s’il l’aimait encore. On a hâte de découvrir son film… sur Barbara ou sur Jeanne Balibar. On ne sait plus très bien. Il mêle les deux. On ne découvrira sans doute pas un biopic, mais le film d’un homme sur une femme qu’il a terriblement aimé.

Puis, il parle de Cannes. C’est la semaine prochaine. Il fait l’ouverture avec Les Fantômes d’Ismaël. Lors d’une première comme celle-ci, « on ne voit pas le film, on entend le moindre bruit, les chaises grincer ». « Comme si quelqu’un s’ennuyait ? », lui demande Fabienne Pascaud, de Télérama. La crainte de l’accueil d’un film est terrible à Cannes. C’est le lieu du cinéma, le lieu où tout se joue. Mathieu Amalric invite d’ailleurs la salle à aller voir la version longue du film de Desplechin, qui a été coupé. La version courte sera diffusée dans la majorité des salles. « Pourquoi ? », crie quelqu’un dans le public. « Il ne faut pas oublier que le cinéma, c’est un art, mais aussi une industrie. » Quand on lui demande s’il aime Cannes, comment il appréhende le festival : « Cannes, c’est magique. Puis, c’est la psychanalyse. On doit mettre des mots sur les choses. Et on ne passe quand même pas sa vie à mettre des mots sur les choses. Alors je me donne des contraintes. Ou je dis toujours la même phrase en faisant croire aux journalistes que c’est vraiment la première fois que je le dis. » « Quelles phrases par exemple ? », demande Fabienne Pascaud. « Je viens déjà de vous en donner plein. »

Mathieu Amalric est fascinant. Il se couche tôt, se lève à 2-3h du matin et commence sa journée. La nuit, il travaille. Le lendemain matin, vers 7h, son équipe de tournage a le plan de la journée dans sa boîte mail. Il travaille beaucoup. Trop peut-être. Son corps lui a d’ailleurs dit stop : des fractures de fatigue dans les jambes. Mathieu Amalric impressionne par la subtilité de sa pensée, sa générosité et sa modestie sincère. Mathieu Amalric est un artiste étonnant de fraîcheur et de spontanéité. Son esprit rayonne. Et je lui laisse le mot de la fin. « – Après, il faut appliquer le cinéma. – C’est-à-dire ? – Pour ne pas rater sa vie. »

Les Fantômes d’Ismaël sort demain, mercredi 17 mai, dans les salles.

Barbara sortira en septembre.

Site du Théâtre du Rond-Point

Site de Télérama 

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