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Libération

Libération, le vendredi 16 mai 2014 / ©Myriam Thibault

Le facteur distribue le journal Libération tous les vendredis et samedis, dans ma boîte aux lettres. Et ce vendredi, arrivée à la page 12, mes yeux se sont arrêtés sur un titre bien particulier pour un quotidien national de cette envergure. L’article concernait le procès d’une fusillade, à Sartène, en Corse. Le titre était : « Fusillade, racket et loi du silence : une Sartène idée de la Corse. » À la première lecture, je n’ai pas compris. J’ai relu, et j’ai vu un jeu de mots. Trouvant l’idée un peu étrange pour un tel article, et dans un tel journal, j’ai lu à nouveau. Mais n’ai pas trouvé d’autres explications : le journaliste avait réalisé un mot d’esprit plutôt douteux. Je me serais cru devant ma télévision, face au JT de la chaîne M6, habituée des calembours stupides dans les titres de son actualité. J’ai toujours du mal à croire que Libération accepte de laisser passer cela. Lui qui nous rabâche sans cesse : « Nous sommes un journal ». Soit, dans ce cas, soyez sérieux où cela est nécessaire. On va croire que je ne suis pas drôle, mais comment être crédible après un titre pareil sur un sujet d’actualité aussi important.

Si quelqu’un trouvait une explication autre à ce titre, si quelqu’un venait me dire que je me suis trompée, qu’il n’y a pas de jeu de mots, que décidément je ne comprends rien, je serais sans doute rassurée de voir que la presse nationale est encore un peu consciencieuse. Que le journalisme n’est pas tout à fait mort, qu’on prend encore un peu au sérieux les sujets d’actualité sensibles. Mais à vrai dire, j’en doute un peu. Pour clore cet article, je laisserai le mot de la fin à l’un de mes professeurs de littérature, à la Sorbonne :

Mes enfants, aujourd’hui il n’y a plus qu’un journal à lire : Le Monde. Le Figaro est devenu le siège social de l’UMP, et à Libération, ils ne savent plus écrire.

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