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françois henri désérable tu montrerasTu montreras ma tête au peuple, premier livre de François-Henri Désérable, mars 2013, Gallimard, 185 pages, 17€50.

Ce jeune écrivain, également joueur de hockey sur glace, nous offre un recueil de nouvelles historiques sur la Révolution. Chacune retrace le chemin vers la guillotine d’une personne ayant réellement existé. Bien que ce soit romancé, François-Henri Désérable a l’air extrêmement documenté, et on sent un travail de fond important. De l’assassinat de Marat par Charlotte Corday, elle-même guillotinée ; en passant par la fameuse phrase de Danton avant de se faire couper la tête : « Tu montreras ma tête au peuple. Elle en vaut la peine. », devenue titre choc du recueil ; et jusqu’au parcours de vie de la famille des bourreaux, on apprend et on se passionne pour cette période de l’histoire.

François-Henri Désérable nous emmène dans un des côtés sombres de la Révolution : la guillotine, la mort devant le peuple, aux yeux de tous, la violence de l’époque, la violence de cette mort, bien que devenue courante. Une solidité d’écriture vient asseoir ce dont je parlais plus haut : une œuvre parfaitement documentée. Déjà salué par la critique, ce jeune écrivain a un bel avenir devant lui.

Extrait de la page 161 :  » « On a beau dire, répétait souvent mon grand-père, la guillotine est une grande avancée. C’est le mode d’administration de la mort le plus sûr, le plus prompt et le moins douloureux. » On pouvait le croire sur parole : il avait appliqué la question, pendu des déserteurs, écartelé des parricides, marqué des bagnards au fer rouge, manié le fouet et le merlin… »

Site des Editions Gallimard

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Bazar de questions 

bazar François-Henri Désérable  copie

 Ton livre de chevet ? Belle du Seigneur, Albert Cohen.

Ta musique du moment ? Your song, Ellie Goulding.

L’objet que tu aimes offrir ? Un sex-toy.

Le classique qui te tombe des mains ? Madame Bovary. Elle s’ennuie pendant quatre-cent pages et pendant quatre-cent pages je me suis ennuyé avec elle. Mais j’avais seize ans, je n’étais peut-être pas mûr pour le lire. Il faudrait que je me replonge dedans.

Un objet fétiche ? Je ne sais pas pourquoi, mais depuis trois ans je garde dans mon portefeuilles une pièce de monnaie hongroise de 100 forints.

Pourquoi écrire ? Pessoa aurait répondu : « parce que la vie ne suffit pas ». C’est une formule que j’aime beaucoup.

Ecrire en musique ? Non, surtout pas. J’ai besoin, pour entendre le rythme de mes phrases, de me les répéter mezza voce. Il faut un silence absolu. Un ami m’a même offert un casque de chantier pour que je puisse écrire plus tranquillement.

Un photographe ? Ma sœur, Claire. Une artiste très talentueuse.

Ton film culte ? La vie est belle, de Roberto Benigni.

Un lieu parisien insolite ? La rue Récamier, dans le 7ème. Une impasse qui débouche sur un jardin. J’ai prévu d’y acheter un appart, avec les couronnes suédoises du Nobel. Et puis il y a aussi le 88, rue Bonaparte, dite rue du canular. Va savoir pourquoi…

Un musicien ? Hans Zimmer.

Un moment inoubliable ? Le moment où j’ai découvert tout à fait par hasard la recette de l’après-shampoing.

Un artiste hors du commun ? Michel-Ange, le plus grand peintre en bâtiment de l’Histoire.

D’où est venue cette idée de Tu montreras ma tête au peuple De la phrase elle-même. Tout le livre part de cette phrase. Merci Danton.

Pourquoi lire ? Pourquoi vivre ?

Un cinéaste ? Celui qui adaptera Tu montreras au cinéma avec Marina Hands dans le rôle de Marie-Antoinette.

Un artiste à voir en concert ? Shakira, dans sa robe bleue, qui chante Je l’aime à mourir.

Un lieu fabuleux ? La vue depuis le campanile de San Giorgio Maggiore, à Venise. L’été dernier, j’ai vu un type y demander la main de sa copine. Je me suis dit : « Bien joué, mon gars, c’est là qu’il faut faire ça, tu as tout compris ».

Un écrivain ? Hugo pour faire tourner les tables. Bénech pour faire tourner les serviettes.

Ton actualité ? Je suis à Beyrouth. C’est une ville fascinante et mes hôtes, Aline et Wassim, sont exquis. Je prends l’avion dans trois heures. D’ailleurs, je vais à l’aéroport, je dois te laisser. Par chance, c’était la dernière question.

Passage de François-Henri Désérable chez Ruquier dans « On n’est pas couché ».

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