Étiquettes

, ,

stéphanie hochet sang d'encre

 Sang d’encre, roman de Stéphanie Hochet, et gouache d’Alexandre Galperine, aux Editions des Busclats, février 2013, 97 pages, 11€.

Le narrateur est fasciné par les tatouages. Il décide de se faire tatouer, après plusieurs semaines de réflexions. Il se rend chez son ami Dimitri, tatoueur professionnel, reconnu dans le milieu parisien, et pour qui il dessine déjà. Mais pour lui, c’est une première. Il choisit le plexus, un des endroits les plus sensibles du corps, et une citation latine : Vulnerant omnes, ultima necat. Ce qui signifie « Toutes blessent, la dernière tue ». Lorsque Dimitri commence le dessin, le mal suit immédiatement, une envie de vomir arrive, puis les regrets, qui peu à peu sont remplacés par l’adaptation au mal. Le narrateur est cependant fier du résultat. À peine quelques jours plus tard, une partie du tatouage disparaît : Vulnerant omnes. Il ne reste plus que ultima necat, autrement dit « la dernière tue ». Cet effacement provoque un choc, et le désespoir du narrateur. Parallèlement, il continue à voir des femmes, à qui il ne manque pas de montrer sa fierté, sa citation, son dessin, ce qui désormais fait partie de son corps. Ces femmes ne sont  jamais les mêmes, jusqu’à sa rencontre avec Marie. Mais Dimitri s’en mêle, et la maladie aussi.

Ce court roman de Stéphanie Hochet traduit la réelle passion pour les tatouages, cette passion parfois incomprise. Les mots sont violents. Ils cognent, tout en restant fluides entre eux. Ce texte est-il cependant réaliste ? Le fantastique est invoqué. Stéphanie Hochet joue avec cette ambiguïté. Elle joue avec ce fil qui relie le réalisme et le fantastique, mais qui reste parfaitement tendu tout au long du texte. Elle évoque les thèmes de la trace, de la trace irréversible, de la mémoire, de l’effacement, de la maladie, de l’inconscience, mais aussi de l’amitié. Vulnerant omnes, ultima necat.

***

Bazar de questions

bazar Stéphanie Hochet (en cours)

Ton livre de chevet ? Le bel été de Pavese.

Ta musique du moment ? Alt-J (∆) Matilda. Mais aussi un petit faible pour nos BB Brunes.

L’objet que tu aimes offrir ? Des livres.

Le classique qui te tombe des mains ? Ulysse de Joyce, jamais pu finir.

Un objet fétiche ? Les cheveux d’une personne aimée conservés dans mon portefeuilles.

Pourquoi écrire ? Pour vivre plusieurs vies.

Ecrire en musique ? Non, ou rarement. Ca a déjà marché avec du Bach ou la musique du film Valse avec Bachir, seule bande-son qui ne parasite pas ma concentration.

Un photographe ? Annie Leibovitz. J’adore ses portraits de la reine d’Angleterre.

Ton film culte ? Meurtre dans un jardin anglais de Peter Greenaway

Un lieu parisien insolite ? Mon appartement.

Un musicien ? Le rossignol inspiré.

Un moment inoubliable ? Le premier oui dans un dialogue amoureux.

Un artiste hors du commun ? Cocteau au génie protéiforme.

D’où est venue cette idée de Sang d’encre ? Edgar Poe décrivant la mer parle d’une mer d’encre, la métaphore convient au tatouage qui est aussi un ancrage. Mon imagination tourmentée a fait le reste.

Pourquoi lire ? C’est tellement bon, encore meilleur que de regarder par le trou d’une serrure.

Un cinéaste ? David Lynch, le seul qui donne à voir l’inconscient.

Un artiste à voir en concert ? Juliette Gréco.

Un lieu fabuleux ? Le divan en psychanalyse.

Un écrivain ? J.C. Oates.

Ton actualité ? Un voyage en Italie et la sortie de Sang d’encre.

Blog de Stéphanie Hochet

Site des Editions des Busclats

Publicités