« Sinon j’oublie » de Clémentine Mélois

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Sinon j’oublie, de Clémentine Mélois, mars 2017, Grasset, 225 pages, 16€.

Depuis de longues années, Clémentine Mélois collectionne les listes. Oui, les listes de courses que vous et moi faisons malencontreusement tomber par terre dans la rue, sur les parkings ou dans les allées des supermarchés. Ces petits bouts de papier que nous griffonnons frénétiquement pour ne rien oublier et que nous jetons ensuite, Clémentine Mélois les conserve précieusement dans une boîte à chaussures. Elle a trouvé des listes sur des bouts d’enveloppes, sur des post-it, des bouts de papiers publicitaires, des morceaux de feuilles blanches. Chacun ses habitudes (et chacun ses collections !).

En tout cas, Clémentine Mélois a réussi à en sortir quelque chose. Contrairement à ce qui est inscrit sur la couverture, ce livre n’est pas un roman. Sinon, j’oublie est un livre hybride, entre le recueil de nouvelles (très courtes, pas plus de deux pages) et le roman photo, où Clémentine Mélois invente un personnage à partir d’une de ces listes trouvées par terre. A partir de la graphie, des éléments notés, elle invente un personnage, lui donne un nom et redonne vie à cette liste. A travers quelques mots du style « brocolis » ou « dentifrice », elle imagine. Une imagination sans borne qui nous emmène dans des univers très différents les uns des autres, mais toujours avec une justesse du propos et une fine observation du monde dans lequel nous vivons. Même si l’on aurait plutôt vu parfois une femme à la place d’un homme, ou inversement, pour certaines listes (chacun son imaginaire), ce livre est une vraie mine de bonheur. Qui n’aime pas les listes ? Qui n’en a jamais fait ? Allez, avouez, vous en avez une sur un post-it dans la poche droite de votre pantalon. Si vous niez, on ne vous croira pas…

 

Site des éditions Grasset

La Page Facebook de Clémentine Mélois

Mathieu Amalric au Théâtre du Rond-Point

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Pour sa troisième rencontre en partenariat avec Télérama, le Théâtre du Rond-Point a invité Mathieu Amalric pour évoquer son parcours d’acteur et de réalisateur. Avec Les Fantômes d’Ismaël d’Arnaud Desplechin en tant qu’acteur et son prochain film sur Barbara en tant que réalisateur, Mathieu Amalric n’en finit plus des plateaux de cinéma. Ce soir, après la rencontre, il retournait d’ailleurs sur le tournage du prochain film de Gilles Lellouche.

Quand il arrive sur scène, Mathieu Amalric s’assoit sur sa chaise, les mains entre les jambes, s’excusant presque d’être là. Il doute, hésite, avoue être toujours dans une sensation d’imposteur sur un plateau de tournage. Lui a commencé derrière la caméra. Tout jeune, il réalisait ses films, touchait à tout. Puis, Arnaud Desplechin l’a poussé devant la caméra. Il avait déjà 30 ans. Comme il le dit depuis longtemps, il est devenu acteur un peu par hasard.

Mathieu Amalric dit jouer par amour ou par amitié. Il suit Arnaud Desplechin depuis le début. Son prochain film sur Barbara mettra en scène Jeanne Balibar, l’une des femmes de sa vie. Réunis à l’écran, ils trouvaient ça amusant. Il fait l’éloge de cette femme qu’il a aimé. Il en parle comme s’il l’aimait encore. On a hâte de découvrir son film… sur Barbara ou sur Jeanne Balibar. On ne sait plus très bien. Il mêle les deux. On ne découvrira sans doute pas un biopic, mais le film d’un homme sur une femme qu’il a terriblement aimé.

Puis, il parle de Cannes. C’est la semaine prochaine. Il fait l’ouverture avec Les Fantômes d’Ismaël. Lors d’une première comme celle-ci, « on ne voit pas le film, on entend le moindre bruit, les chaises grincer ». « Comme si quelqu’un s’ennuyait ? », lui demande Fabienne Pascaud, de Télérama. La crainte de l’accueil d’un film est terrible à Cannes. C’est le lieu du cinéma, le lieu où tout se joue. Mathieu Amalric invite d’ailleurs la salle à aller voir la version longue du film de Desplechin, qui a été coupé. La version courte sera diffusée dans la majorité des salles. « Pourquoi ? », crie quelqu’un dans le public. « Il ne faut pas oublier que le cinéma, c’est un art, mais aussi une industrie. » Quand on lui demande s’il aime Cannes, comment il appréhende le festival : « Cannes, c’est magique. Puis, c’est la psychanalyse. On doit mettre des mots sur les choses. Et on ne passe quand même pas sa vie à mettre des mots sur les choses. Alors je me donne des contraintes. Ou je dis toujours la même phrase en faisant croire aux journalistes que c’est vraiment la première fois que je le dis. » « Quelles phrases par exemple ? », demande Fabienne Pascaud. « Je viens déjà de vous en donner plein. »

Mathieu Amalric est fascinant. Il se couche tôt, se lève à 2-3h du matin et commence sa journée. La nuit, il travaille. Le lendemain matin, vers 7h, son équipe de tournage a le plan de la journée dans sa boîte mail. Il travaille beaucoup. Trop peut-être. Son corps lui a d’ailleurs dit stop : des fractures de fatigue dans les jambes. Mathieu Amalric impressionne par la subtilité de sa pensée, sa générosité et sa modestie sincère. Mathieu Amalric est un artiste étonnant de fraîcheur et de spontanéité. Son esprit rayonne. Et je lui laisse le mot de la fin. « – Après, il faut appliquer le cinéma. – C’est-à-dire ? – Pour ne pas rater sa vie. »

Les Fantômes d’Ismaël sort demain, mercredi 17 mai, dans les salles.

Barbara sortira en septembre.

Site du Théâtre du Rond-Point

Site de Télérama 

Macron par Macron 

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Macron par Macron, mars 2017, Éditions de L’Aube / Le 1, 136 pages, 9€90.

Plusieurs entretiens parus dans Le 1 depuis le 8 janvier 2015, jusqu’à un entretien inédit du 3 février 2017. Dans ce nouveau livre en coédition entre L’Aube et le journal Le 1, on plonge dans la pensée d’Emmanuel Macron. Dans les premiers entretiens, il est encore dans le gouvernement de Manuel Valls, sous François Hollande. Dans le dernier, il a démissionné et il voit la dernière ligne droite de la campagne présidentielle devant lui. Dans tous ces entretiens, on lit un Emmanuel Macron calme, réfléchi, posé. Un homme qui aime la culture, la philosophie, la littérature.

Il veut donner plus de liberté à la société, que l’Etat redonne sa liberté aux Français. Il pense le rapport entre société et politique. Emmanuel Macron est un intellectuel, un homme qui pense, qui a une réflexion personnelle sur les sujets dont il parle. Il a lu Kant, Hegel, Aristote, Descartes et Paul Ricoeur, dont il parle tant ces derniers mois, comme Yann Moix évoque Péguy à chaque fois qu’on l’entend. Emmanuel Macron n’a pas lu trois citations en diagonale, il a pensé et intégré ces textes dont il parle. Paul Ricoeur l’a formé, réellement. Il le dit.

Il m’a fait comprendre que l’exigence du quotidien, qui va avec la politique, est d’accepter le geste imparfait. Qu’il faut dire pour avancer. C’est une forme d’affranchissement par rapport à la philosophie : on bascule dans le temps politique en acceptant l’imperfection du moment.

Dans l’entretien inédit, il est question de littérature. Il avoue ne savoir offrir que des livres, ce qu’on lui reproche parfois. Les deux derniers livres qui ont marqué Emmanuel Macron sont de Mauriac et Pessoa. Les Fleurs du mal ne le quitte jamais. Il aime Pascal Quignard, Michel Tournier. Il entretient une relation fusionnelle avec la littérature depuis l’enfance. Il lit, il écrit aussi. Il dit avoir terminé un manuscrit Babylone, Babylone, dont la seule lectrice fut sa femme, Brigitte Macron. Comment ne pas aimer cet homme tant passionné par la littérature.

Le livre de termine sur une série de chroniques sur le désormais président de la République. Contrairement à ce que la majorité des médias ont voulu nous faire croire, Emmanuel Macron a un programme. Pas flou, non. Et Éric Fottorino dans son article « Macron dans le texte » doit être l’un des seuls à nous présenter dans le détail ses mesures phares.

Ce livre dégage une fraîcheur, une intelligence du propos qui donne encore plus envie de faire confiance à ce nouveau président de la République, si jeune soit-il.

Site du 1

Site des Éditions de L’Aube 

JoeyStarr au Théâtre de l’Atelier 

Pour quelques représentations exceptionnelles, JoeyStarr est monté sur les planches du Théâtre de l’Atelier pour « Éloquence à l’Assemblée ». Une lecture de grands discours dits à l’Assemblée nationale : Victor Hugo, Lamartine, Aimé Césaire ou encore Simone Veil. JoeyStarr, avec la force et la gouaille que nous lui connaissons, fait revivre ces discours, leur donne une deuxième vie, un autre lieu pour résonner, se faire entendre, comprendre, intégrer. Chaque mot atteint le public avec une violence nécessaire. Chaque phrase donne l’impression de discours écrits la semaine dernière. Les discours ont été choisis avec soin. Des textes du XIXe ou du XXe crient leur actualité, comme si le monde n’avait pas changé, que les problèmes persistaient, que les droits acquis ne tenaient toujours que sur un fil. Et tout cela, dans une mise en scène réussi. Seul en scène, JoeyStarr joue. Ce n’est pas une simple lecture, même s’il y a des prompteurs, les textes, il les connaît. Sans compter les jeux de lumière et de son qui vous feront sursauter parfois. L’écran du fond de la scène donnant à voir certains mots ou discours, certains visages. Tout est réussi.

Qui aurait cru, il y a dix ans, que JoeyStarr lirait des discours de l’Assemblée nationale au Théâtre de l’Atelier. Bravo à lui ! Et à l’audace des créateurs Pierre Grillet et Jérémie Lippmann.

Détails de la vie des gens. L’attente. 

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L’attente

Dans les rues d’Honfleur

Se tente,

Si l’on n’a pas peur

Des gens

Qui passent et repassent

Souvent

Dans cette rue basse

Pas loin

De la mer qui nargue

L’oiseau,

Au d’ssus des bateaux.

 

L’attente

Peut paraître longue.

Le chien

Aime mordre les tongs.

Les hommes

Aiment suivre les ombres.

Les femmes

Dansent sur les trottoirs.

L’enfant

Préfère sûrement boire

La glace

Qu’il attend d’guerre lasse.

 
Honfleur,

C’est ce chien assis.

L’ardeur,

D’un maître aguerri.

Exposition Décor de cinéma au Musée de Montmartre

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Décor de cinéma à Montmartre / ©Myriam Thibault

Hier soir, j’ai donc visité la nouvelle exposition du Musée de Montmartre : Décor de cinéma. Elle retrace tous les films qui ont posé leur décor dans les ruelles du quartier. De Marcel Carné à François Truffaut, jusqu’à Woody Allen ou encore Cédric Klapish et Jean-Pierre Jeunet. Les plus grands réalisateurs, des débuts du cinéma jusqu’à aujourd’hui, ont été inspiré par les ruelles pavées, les lampadaires, les escaliers, les vignes, les petites maisons colorées du Lapin Agile ou de La Maison Rose, de ce quartier qui possède encore l’âme du Paris de la Belle époque. On passerait des heures dans ce quartier, comme on passe des heures à regarder les films qui y ont planté leur caméra.

Cette exposition met en scène de nombreuses photographies, affiches de film, livres, scénarios originaux annotés, clap (voir la photo ci-dessous), objets du décor, extraits de films. J’utilise volontairement le terme « mettre en scène », car la scénographie est vraiment réussie. Le visiteur circule dans des couloirs sombres lorsqu’il est à Pigalle, ou peut s’asseoir sur un banc quand il est dans les hauteurs de Montmatre. L’exposition n’est pas une simple présentation des objets, elle est pensée dans une parfaite scénographie qui nous plonge un peu plus dans les décors de cinéma.

Clap de Woody Allen / ©Myriam Thibault

On peut y avoir un clap d’un film de Woody Allen, qui a sûrement servi durant le tournage de Midnight in Paris.

L’Amour en fuite de François Truffaut

On peut entendre des petites phrases d’un Marcel Aymé revenu à la vie pour nous parler de ces films aux quatre coins de l’exposition. On retrouve les acteurs et les films que l’on aime : Jean-Pierre Léaud dans Baisers volés et L’Amour en fuite de François Truffaut, Romain Duris dans Paris de Cédric Klapisch, Les Enfants du Paradis et Les Portes de la nuit de Marcel Carné, Pigalle de Karim Dridi, sans oublier Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet. Ce dernier a prêté sans compter. La lampe cochon et les animaux des tableaux de la chambre d’Amélie, les photomatons de l’album de Nino, un bout des pages blanches où l’on peut voir le nom des Dominique Bredoteau parisiens (Dominique qu’Amélie a du mal à trouver dans la capitale, « parce que ce n’est pas do, mais to, comme toto »), quelques pages de story-board, les photomatons du nain de jardin qui voyage dans le monde entier, ou encore les affiches que Nino et Amélie accrochent dans le métro pour se parler. Un vrai régal pour les amoureux d’Amélie Poulain (dont je fais partie) !

Décor de la chambre d’Amélie Poulain / ©Myriam Thibault

L’énigme des photomatons dans Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain / ©Myriam Thibault

« Parce que ce n’est pas do, mais to, comme toto. » – Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain / ©Myriam Thibault

Si vous avez un peu de temps devant vous, n’hésitez pas à aller visiter les collections permanentes du musée, sans oublier de vous promener dans le jardin. On peine toujours à prendre les vignes en photo de la rue, à cause des grillages. Et bien la plus belle vue sur les vignes est sans doute dans ce musée ! Un avantage de plus pour aller leur rendre une petite visite…

Site du Musée de Montmartre / 12 rue Cortot, XVIIIe arrondissement de Paris / Métro Lamarck Caulaincourt / Ouverture de 10h à 19h tous les jours, toute l’année.

Les vignes de Montmartre / ©Myriam Thibault

Journal des films de mars 2017

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  1. Lumière ! de Thierry Frémaux. Un très émouvant documentaire pour commencer le mois. Thierry Frémaux a restauré les films des frères Lumière et en fait profiter le public. Il retrace le parcours de sa filmographie. L’humour, les débuts du reportage, la fiction… Tout y est. On se régale !
  2. Brooklyn de John Crowley. Dans les années 50, une jeune femme quitte l’Irlande pour l’Amérique. Une histoire qu’on a déjà vu, lu, entendu. Mais pour un résultat réussi ! Un très joli film sur l’écartelement entre deux pays et… deux amours…
  3. Le Fils de Saul de Laszlo Nemes. La claque. J’avais eu peur de le voir au cinéma. J’avais lu que tout était filmé en gros plan. Je crois que j’ai préféré le voir à la télé, la claque était déjà bien assez violente. Tout est réussi dans ce film. A travers l’histoire d’un seul homme que l’on suit tout au long du film, quasiment derrière son épaule, on découvre les chambres à gaz, les fours, les extérieurs des camps de concentration. Ce personnage est une sorte de guide. A travers lui, le spectateur voit tout. On en oublie même l’histoire par moment, tellement les images demeurent fortes et violentes. Un très grand film.
  4. Argo de Ben Affleck. On n’avait jamais très bien su pourquoi ce film avait eu tant de prix. Quand le film commence, on se pose encore la question. Mais pourquoi ? C’est quoi cette histoire de tournage complètement capillotracté ? On va faire un petit tour sur Internet, et là, révélation. C’est une histoire vraie. Le film prend alors tout son sens. En 1979, lors de la révolution iranienne, des Américains sont pris en otage à l’ambassade. 6 réussissent à s’échapper et se réfugient chez l’ambassadeur canadien. Pour les sortir de là, un agent de la CIA invente un plan surréaliste : faire croire que tous les 6 forment une équipe de cinéma, en repérage pour le tournage d’un film en Iran. L’un est producteur, l’autre scénariste, l’autre décorateur, etc. Fascinant !
  5. L’Effrontée de Claude Miller. Je ne me lasserai jamais de Charlotte Gainsbourg en petite fille ni de Lulu, sa compagne de jeu adorable.
  6. Paula de Christian Schwochow. Un très beau film sur la peintre Paula Becker, dont nous avions pu voir les belles toiles, il y a quelques mois, lors d’une exposition au Musée d’art moderne de Paris. Avec vingt minutes de moins, le film aurait été parfait. L’actrice Carla Juri est absolument exceptionnelle. Elle a un regard, un jeu, une gestuelle étonnante qui crèvent l’écran.
  7. La Confession de Nicolas Boukhrief. Joli film sur la religion et l’amour entre un prêtre et une femme. Un film plutôt d’actualité dans la mesure où se pose de plus en plus la question du célibat dans la profession. A quand la fin de cet archaïsme ?
  8. No country for old men des frères Coen. Pardon, mais j’ai rien compris (et je vous jure que je ne me suis pas endormie).
  9. Monsieur et Madame Adelman de Nicolas Bedos. Inconditionnelle de Nicolas Bedos, j’ai tout lu (même ses pièces de théâtre), j’achetais Marianne juste pour arracher la page de sa chronique, je restais tard devant la télévision me fadant les chroniqueurs les plus infects du PAF pour voir sa chronique de cinq minutes, je ne pouvais donc pas rater son premier film. Parfaitement bien écrit, une excellente chute et un Nicolas Bedos en retrait. Oui, en retrait, car Doria Tillier rayonne. La plus grande surprise de ce film est la découverte de Doria Tillier. Quelle actrice ! Éblouissante dans ce rôle, à sa juste mesure. J’étais venue voir Nicolas Bedos et j’ai vu Doria Tillier. Une belle révélation !
  10. Blow out de Brian de Palma. Un John Travolta étonnant dans un film qui met en lumière les coulisses, rarement visibles, du son au cinéma. La prise de son, le doublage, les bruitages. Tout ça en toile de fond d’un thriller plutôt réussi. 
  11. Chacun sa vie de Claude Lelouch. Je suis une inconditionnelle de Claude Lelouch, mais alors ce film dépasse l’entendement. Où est passé le Claude Lelouch d’Un homme et une femme ? Retrouvons-le, vite !
  12. Le Poulet de Claude Berri. La tendresse à l’état pur. Chaque minute de ce court métrage de Claude Berri donne le sourire. Le petit garçon est tellement mignon, tellement naïf, tellement attachant.  Je regrette qu’on ne voie pas assez les enfants au cinéma. Ou quand on les voit, c’est pour leur maturité. Voyons les enfants pour ce qu’ils sont, des êtres encore purs, comme dans les films de la Nouvelle Vague.
  13. Citizen Kane d’Orson Welles. Parfois, on se demande pourquoi on a attendu si longtemps pour voir un film. Peut-être à cause de cette phrase entendu mille fois : « T’as pas vu Citizen Kane ? Mais c’est le meilleur film qui n’ait jamais été réalisé ! » A force, on n’y croit plus, voyant ce genre de punchline sur toutes les affiches de chaque nouvelle sortie hebdomadaire. Bien emballé dans son plastique, le DVD attendait donc dans la bibliothèque (oui, on mélange les DVD avec les livres, c’est plus sympa). Meilleur film de « tous les temps », je ne sais pas, mais très grand film, ça c’est sûr. Du journalisme (la belle époque du journalisme), des hommes, des adultères, des femmes, des mensonges, un mystère. On ne critique pas un classique, on le voit. A vos écrans ! Rosebud
  14. Les Saveurs du Palais de Christian Vincent. Je n’avais pas vu ce film à sa sortie, rebutée par l’affiche un peu grossière, donnant l’impression que l’on a affaire à une grotesque comédie de plus. Et bien non ! L’affiche n’est pas du tout représentative du film. On entre dans les coulisses des cuisines de l’Elysée avec une Catherine Frot au meilleur de sa forme. Excellente dans ce rôle de cuisinière particulière du président de la République, joué par un Jean d’Ormesson dont le rôle lui sied à merveille. En toile de fond, le statut de la femme dans un monde d’hommes et de pouvoir. A voir, donc !
  15. Le Ballon rouge d’Albert Lamorisse. Tout comme Le Poulet de Claude Berri, ce court métrage d’Albert Lamorisse est adorable. On aimerait en voir plus souvent. La naïveté de l’enfant rayonne. Toute une métaphore est délivrée en fond de cette jolie fable.
  16. Harry dans tous ses états de Woody Allen. Un joli Woody Allen de plus au palmarès. Pas mon préféré. Un peu déluré, mais je me souviendrai longtemps de Robin Williams flouté. « Je suis flou ! »
  17. La Bête curieuse de Laurent Perreau. Un téléfilm diffusé sur Arte, avec Laura Smet dans le rôle principal et Samir Guesmi dans le second rôle. Les deux acteurs jouent parfaitement dans leur rôle. La douceur de Samir Guesmi est toujours un plaisir à l’écran. En revanche, on repassera pour le scénario un peu capillotracté…

Détails de la vie des gens. Arsène Lupin, à Étretat.

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À Étretat

Maurice Leblanc

Y installa

 
Son personnage

D’Arsène Lupin.

Des milliers d’pages

 
Et des enquêtes,

Grands soirs de fêtes,

Dans la luxure,

Et les parures.

 
Il fit rêver,

Par sa beauté,

Et l’élégance,

De sa prestance.

 
Chapeau haut-de-forme

Et gants de soie.

Toujours hors norme,

Et hors-la-loi.

 
Ce gentleman

Cambrioleur

Jamais ne gagne

Dans la langueur.

 
Serait-ce un homme ?

Maurice Leblanc.

Ou son fantôme ?

Arsène Lupin.

 
Les formes se mêlent,

Dans la chapelle,

Sur la falaise.

À Étretat.

Détails de la vie des gens : Ceci est un Figaro Littéraire 

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C’était jeudi matin,

T’as acheté Le Figaro,

Pour lire les pages éco,

Ou faire bien dans le métro.

 
T’as vu ce bout de papier,

Coincé entre deux pages,

La tête de Fitzgerald.

« Me serais-je trompé ? »

 
Tu as soudain pris peur.

« De la littérature !

Mon dieu, mais quelle injure ! »

À terre les huit feuillets !

 
Écrasés sous tes pieds,

Le livre assassiné.

Sortir de ta torpeur

T’a bien pris une bonne heure.

« Emily L. » de Marguerite Duras 

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©Myriam Thibault

Emily L., roman de Marguerite Duras, aux Editions de Minuit, 160 pages, 14€.

A Quillebeuf, la narratrice et son ami discutent dans un café. Puis, ils se mettent à écouter cet homme, surnommé le Captain, parler à la patronne du bar. Dans les deux duos, une histoire d’amour éclot. L’écriture se mêle à l’amour. Quand devient-on écrivain ? Est-on écrivain lorsque l’on n’écrit pas ? Qu’est-ce que l’écriture ? Ecrire sur soi, c’est aussi écrire sur les autres. Marguerite Duras le sait bien… D’ailleurs, est-elle un peu la narratrice qui raconte cette histoire ? Est-elle un double ? Elle nous incite à nous poser aussi toutes ces questions du double fictionnel, de qui écrit, de qui devient écrivain.

Ce que nous préférons, c’est écrire des livres l’un sur l’autre – et on a ri.

A travers une histoire d’amour et les poèmes d’Emily L., Marguerite Duras nous parle de l’écriture. L’Amant, le livre le plus connu et le plus aimé de Duras, m’est tombé des mains. Je préfère le reste de son œuvre : La Vie matérielle, Ecrire ou encore Emily L. Ce sont des livres qui me parlent, dont je ressens une certaine sensibilité, qui mettent en lumière le quotidien, la littérature, l’écriture, le rapport à l’écrit. J’aime Marguerite Duras quand elle me parle de toutes ces choses.

Site des Editions de Minuit